
Ma question au Premier ministre lors des Questions au gouvernement
« Nous avons connu hier l’une des cyberattaques les plus tangibles : les armoires frigorifiques de nombreux supermarchés, ont été touchées. Une faille dans le logiciel d’une société danoise, et ce sont des frigos en panne, ou qui chauffent quand ils devraient refroidir. Des millions de pertes, mais cela aurait pu être pire : aucun incendie ne s’est déclaré dans la nuit de dimanche à lundi. Attendons toutefois si celui des Enfants Rouges, à Paris, n’est pas lié. Quand la cybercriminalité frappe un grand groupe ou les impôts, cela agace, voire amuse. Il y a toujours un Robin des Bois qui sommeille en chaque Français, heureux que seuls les puissants soient touchés. Mais l’Intermarché de Lannion et les équipes de Jean-Luc Allichon, le Leclerc du bourg, les produits frais jetés, des concitoyens récupérant des denrées avariées avant leur destruction : cela parle à tous et à toutes. Le risque cyber est désormais dans le monde réel. Une enquête a été confiée à l’OFAC ; attendons ses conclusions.
Octobre. Nous sommes dans le Cyber-mois, mois de la sensibilisation. Mais nous attendons aussi Godot : la transposition de NIS2, depuis plus de deux ans, vient d’être à nouveau repoussée. La loi sur la résilience et la cybersécurité n’aurait peut-être pas empêché ces incidents, mais elle aurait rappelé quelques fondamentaux d’hygiène numérique. L’ANSSI, mobilisée toute la journée d’hier auprès des responsables de supermarchés : c’est désormais sa fonction, 24 heures sur 24. L’article 17 de NIS2 lui aurait donné une vue consolidée plus rapide, limitant la propagation sans empêcher l’attaque. C’est cela, la prévention. La société danoise évoque des équipements obsolètes ou sans mises à jour. Le prestataire de télémaintenance devra être interrogé : les fournisseurs de services gérés, secteur hautement critique, doivent informer leurs clients des mesures à appliquer face à une vulnérabilité. Dès août 2026, Team82 recensaient 2 765 interfaces exposées de Danfoss, le fabricant danois. Un tel relevé aurait dû fonder une prescription. NIS 2 adopté, l’ANSSI aurait pu imposer ces mesures, avec des délais.
Monsieur le Premier Ministre, hier des hôpitaux, cet été la DGFIP, aujourd’hui des frigos : la chaîne casse toujours par son maillon le plus faible. Nous sommes attaqués, il faut agir, plus vite. Que savez-vous des événements d’hier ? Et quel calendrier pour le projet de loi Résilience ? »
