Pour les parlementaires macronistes, « le climat n’est pas à l’insurrection »

Députés et sénateurs étaient réunis mardi et mercredi en Seine-et-Marne pour leur séminaire de rentrée. Alors que l’exécutif prépare les esprits à la crise énergétique, les élus se font l’écho des préoccupations quotidiennes des Français, après un été déjà difficile.

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Aurore Bergé, présidente du groupe Renaissance à l’Assemblée nationale, et le député de Paris Sylvain Maillard à Louan-Villegruis-Fontaine (Seine-et-Marne), ce mercredi. (Albert Facelly/Libération)

par Victor Boiteau

publié le 7 septembre 2022 à 19h02

Pour leur rendez-vous annuel de rentrée, les parlementaires de la majorité présidentielle se sont réunis mardi et mercredi dans un écrin de verdure champêtre aux airs de village vacances, à Louan-Villegruis-Fontaine (Seine-et-Marne). Au programme : cohésion d’équipe, «keynotes» autour du plein-emploi, de la transition écologique ou de la démocratie et sourires de rigueur.

Un faux calme avant la tempête ? Alors que le président de la République a préparé les esprits en sonnant la «fin de l’abondance»les parlementaires macronistes, qui profitent d’une reprise des travaux législatifs décalée à octobre pour labourer le terrain en circonscription, se montrent optimistes. Sur les prochains débats agités dans l’hémicycle en premier lieu. Mais également sur le climat social du pays. «Il y a des inquiétudes. Mais le climat n’est pas à l’insurrection», veut ainsi croire Eric Bothorel, député des Côtes-d’Armor.

Prix de l’essence

En Bretagne, comme ailleurs sur le littoral, l’été a vu revenir les touristes en masse après deux saisons chamboulées par la pandémie. «C’est une bonne respiration et chacun l’apprécie, relève Bothorel, qui a passé du temps ces dernières semaines dans sa circonscription de Paimpol et Lannion. J’ai trouvé les Costarmoricains plutôt soulagés, rassurés, certes préoccupés par le moyen terme, mais ils voient par exemple que les prix de l’essence ont baissé.»

Emilie Chandler, députée du Val d’Oise, et Freddy Sertin, député du Calvados. (Albert Facelly/Libération)

Depuis le 1er septembre, la ristourne de l’Etat sur le litre de carburant est passée de 18 à 30 centimes. La mesure, adoptée par le gouvernement – et la droite – en plein cœur de l’été à l’Assemblée nationale, lors de l’examen du projet de loi de finances rectificative, est brandie comme un étendard par les députés. «Dans ma circonscription, les gens ne me parlent plus du prix de l’essence, jure ainsi Eric Girardin, député de la Marne. Ils ont vu les choses qui ont été faites.»

Concret des réformes adoptées

Dans la Marne, alors que la saison des vendanges débute, les viticulteurs ont alerté le député Renaissance sur «leurs difficultés à recruter des vendangeurs. Ils prennent des gens à l’étranger. Ça, c’est un vrai sujet de préoccupation», pointe Eric Girardin. Et le Marnais de prolonger son propos en défendant le projet de loi sur l’assurance chômage, présenté ce mercredi en Conseil des ministres, et qui sera débattu en octobre à l’Assemblée. Le texte du gouvernement entend répondre à la pénurie de main-d’œuvre en faisant varier les conditions d’indemnisation des chômeurs selon la conjoncture économique.

Marie Guévenoux, députée de l’Essonne, et Jean-Baptiste Lemoyne, sénateur de l’Yonne. (Albert Facelly/Libération)

Dans la majorité présidentielle, parvenir à montrer aux citoyens le concret des réformes adoptées reste problématique. «Les gens ne mettent pas à notre crédit les mesures bénéficiant à leur pouvoir d’achat, comme la revalorisation de l’allocation de rentrée scolaire», regrette ainsi Marie Lebec, députée des Yvelines. Dans sa circonscription, aisée, les préoccupations tournent autour de «l’explosion de la dette publique», selon l’élue francilienne. «Le danger qui nous guette, poursuit la députée, c’est la peur chez les gens d’un retournement de notre politique fiscale. Ils craignent que les nouvelles dépenses se répercutent sur la fiscalité des ménages. Il faut qu’on soit attentif à ce que l’on va faire.»

De l’avis des parlementaires croisés dans les jardins du Parc de la Cerclière, en Seine-et-Marne, le risque d’une crise sociale à la rentrée est relativement faible. L’un d’eux fait remarquer que la rentrée scolaire s’est déroulée sereinement, malgré le manque criant d’enseignants. «Les désaccords dans notre pays sont moins profonds que ce que l’on veut nous faire croire», philosophe le breton Bothorel. Forts des premiers textes adoptés cet été, les élus macronistes veulent croire que le compromis recherché avec les oppositions sera de nouveau trouvé à l’automne, malgré des thèmes moins consensuels – les énergies renouvelables ou l’immigration. Pour l’heure, les esprits sont à l’optimisme même si, comme un député s’interroge, «on se berce peut-être d’illusions…»

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